Balck Lodge

« withOut chEmicaLs. he pOints. »

miroir-renversé

. listen. to. the. sounds…

 

Visuel : Malka
Musique : Manu

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BIG SUR

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Big Sur, California.

Jack Kerouac a trente-huit ans quand, à l’été 1960, il part se réfugier à Big Sur, immense région sauvage sur la côte californienne. Quand j’y vais en 2014, soit cinquante-quatre piges après lui, j’ai trente ans et je n’y vais nullement pour m’isoler, comme lui avait tenté de le faire sans succès.

Nous étions en Californie pour un mois et après quinze jours à San Francisco (où nous n’avons rien manqué des vestiges de la Beat Generation) et une nuit à Monterey, nous sommes montés dans le bus 22 et avons sillonné la Highway 1, qui borde toute la côte californienne, pour atteindre Big Sur.

Big Sur n’est évidemment plus le coin totalement isolé et sauvage du livre de Kerouac, encore que, la jeune employée à l’entrée du parc a été sidérée quand nous lui avons dit que nous n’avions pas de voiture, nous étions visiblement les premiers à arriver ici en bus depuis un petit bout de temps… C’est que, vu qu’il y a maintenant quelques campings « officiels » à Big Sur, les américains y déboulent dans des camping-cars immenses qui n’auraient même pas le droit de rouler en France, de véritables appartements sur roues. Le point positif, c’est qu’il y a aussi désormais de superbes pistes de randonnée, dépaysantes au possible, et on s’en est fait quelques-unes durant les quarante-huit heures où nous sommes restés à Big Sur, notre petite tente sous un de ces immenses arbres qui peuplent la région…

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Et donc, après deux jours et deux nuits, on reprend le mini-bus et on remonte vers le Nord en longeant la côte, passant sur le Bixby Creek Bridge et contemplant l’immensité bleue et les falaises menaçantes… On repasse par la Monterey Transit Plaza (d’où on était arrivé) et on prend un autre bus pour Salinas. Là-bas, on chope nos tickets pour le Greyhound en direction de L.A. mais on prévoit d’abord un stop à Santa Maria, « petite » ville sur le trajet qui nous permettra de plonger un peu dans le « bottom » des States avant de débarquer dans la « Cité des Anges ».

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« Big Sur », by Jack Kerouac

Big Sur a été la dernière destination de Kerouac sur la côte ouest. Il est ensuite retourné chez sa mère, de l’autre côté du continent, et n’en a quasiment plus bougé, finissant amer, alcoolique et mourant prématurément à quarante-sept ans.

Pourtant, il a tiré de ce trip raté à Big Sur un de ses plus grands livres, qu’il a appelé du nom de cette région sauvage et mythique qu’il a contribué à populariser. Publié en 1962, « Big Sur » est une des dernières œuvres majeures de Kerouac, même si elle suinte le désespoir de partout… Le premier départ vers la cabane de Big Sur est avorté à cause des saouleries de Jack et on a droit à quelques-unes des descriptions les plus précises, exactes et détaillées de la gueule de bois. Quand il arrive enfin dans sa retraite, Kerouac n’a déjà plus le cœur à s’extasier, ou alors très fugacement (Alf, le mulet sacré…), il flippe et écrit à peine. Son isolement dure quinze jours et le rend dingue, il remonte à San Francisco pour s’y saouler des journées entières et quand il retourne à la cabane de son ami Ferlinghetti, c’est avec toute une équipée sauvage. Le « roi des Beats qui n’est pas un beatnik », dixit Kerouac lui-même, a la main rivée sur la bouteille, il ne mange plus et plonge dans l’angoisse et la parano avant de finir par faire une crise de delirium tremens, une grand croix blanche lui apparaît dans la lumière, il parle tout seul et délire, au bord de la folie. Dans « Big Sur », Kerouac décidera de voir dans cette crise de démence une sorte d’épiphanie, une révélation…

Mais tout cela ne le fera ni arrêter de boire, ni remonter la pente, bien au contraire et ce sera même de pire en pire. Par contre, fini les virées en bagnole et les nuits de jazz et de poésie, Jack s’enferme chez lui et ne sort plus que pour se prendre des cuites qui durent des semaines, il paraît même qu’une fois achevée sa première version de « Big Sur », il a fêté ça avec une caisse de cognac et s’est réveillé quinze jours plus tard à l’hôpital sans se rappeler comment il était arrivé là…

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« Big Sur » est une plongée dans la psyché d’un homme qui essaie une dernière fois de se sauver avant d’abdiquer. Kerouac n’a jamais supporté le succès de « Sur La Route » car il estimait que personne, et surtout pas ses fans, n’avait vraiment compris son livre, sinon pourquoi faire de lui un héros? Quand « Route » (écrit en 1951) sort en 1957, Kerouac n’a déjà plus rien d’un beatnik, il est blasé de s’être battu avec les maisons d’édition pendant des années et s’est éloigné de ses vieux potes, il en marre de tout ça mais, hélas pour lui, ça ne fait que commencer. « Big Sur » est le livre d’un type torturé, alcoolique mais lucide, et c’est encore pire. Définitivement un grand bouquin, et une région magnifique.

« Nous sommes tous d’accord pour dire que c’est trop, que nous sommes cernés par la vie, que nous ne la comprendrons jamais ; alors nous la concentrons toute en nous en ingurgitant le scotch à la bouteille et quand celle-ci est vide je descends vite de la voiture pour courir en acheter une autre, point à la ligne. »
« Big Sur » (p.90) – Jack Kerouac

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Épilogue

Une semaine et demi après notre passage à Big Sur, on marque un stop à Visalia, petite ville à côté du Sequoia National Park où il n’y a rien à faire de spécial mais où on restera deux jours. On se promène comme on le peut sous un soleil de plomb et après avoir acheté quelques bouteilles d’eau, on va se poser à l’ombre d’un arbre dans un parc. Un gars déboule et se met à nous raconter sa vie, il nous dit qu’il fait tous les jours, en vélo, le trajet de chez lui jusqu’ici, à Visalia, où il habitait avant avec sa femme et ses enfants. Sa famille est encore là, dans ce qui était sa maison à lui aussi, et il vient tous les jours ici pour tenter de revivre cette époque. Son récit est décousu et on ne comprend pas tout mais Jo, c’est son nom, se met presque à pleurer sous nos yeux avant de nous dire quelque chose du genre : « Je suis fatigué, j’en ai marre de tout ça je suis vraiment… je ne sais pas si vous allez comprendre… je suis vraiment beat. »

On a compris Jo, puisse ton vélo t’emmener au loin un jour ou l’autre…

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Innocent When You Dream (Tom Waits)

Somewhere in the United States (probably), in the late 80’s (maybe).

This is a song my dad taught me when I was a kid.
That’s a lie.
This is a song I learned from some kids in the alley behind the theatre
That’s a lie too.
I learned this from Gregory Peck.
That too is a lie.
They’re all lies.
The whole song is a lie.
No it’s not.
I learned this from Pavarotti…

The bats are in the belfry
The dew is on the moor
Where are the arms that held me
And pledged her love before
And pledged her love before

And it’s such a sad old feeling
All the fields are soft and green
It’s memories that I’m stealing
But you’re innocent when you dream
When you dream
You’re innocent when you dream
When you dream
You’re innocent when you dream

I made a golden promise
That we would never part
I gave my love a locket
And then I broke her heart
And then I broke her heart

And it’s such a sad old feeling
All of the fields are soft and green
And it’s memories that I’m stealing
But you’re innocent when you dream
When you dream
You’re innocent when you dream
When you dream
You’re innocent when you dream

We’ve running through the graveyard
And we laughed, my friends and I
We swore we’d be together
Until the day we died
Until the day we died

And it’s such a sad old feeling
All of the fields are soft and green
And it’s memories that I’m stealing
But you’re innocent when you dream
When you dream
You’re innocent when you dream
When you dream
You’re innocent when you dream

And it’s such a sad old feeling
The fields are soft and green
And it’s memories that I’m stealing
But you’re innocent when you dream
When you dream
You’re innocent when you dream
When you dream
You’re innocent when you dream

Il n’y a pas de fin – Part. 2

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« Ils créent l’illusion qu’ils sont le monde et que vous l’avez trahi, que vous les avez trahi, mais le monde est tellement plus vaste. »

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Liepāja Beach.

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Le « Juodasis Vaiduoklis » (« Fantôme Noir ») du port de Klaipeda.

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4H du mat’, quelque part en Lettonie…

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Warsaw’s moon

Financial District S.F.

Financial District by night, San Francisco.

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« Mais je n’ai trouvé de patrie nulle part, je ne suis jamais qu’un passant dans toutes les villes, et en partance sur tous les seuils. »

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Vallée de l’Orkhon (Орхон аймаг), Mai 2017.

metro downtown LA

« It’s the City of Angels and constant danger/ South Central LA, can’t get no stranger / Full of drama like a soap opera, on the curb / Watching the ghetto bird helicopters, I observe »

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Quand on lève les yeux sur l’A11, des fois.

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Après cinq jours et environ 3000 kilomètres en camion, nous arrivons à destination : Ladi !

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Courte pause sur une plage déserte au bord de la mer Égée…

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Bendé et Malka, 19.05.2017

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« L’horizon est un arc / mais aussi l’arcade sourcilière / d’un pharaon / Malheur à celui / qui se contente seulement / de se lover sous l’arme / de son ennemi. »

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Sur les routes d’Allemagne… Avril 2017.

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« Any day now, I shall be released… »

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Au milieu de nulle part dans la tempête… Les statues de pierre ne bronchent pas et ça fait des siècles que ça dure… Il n’y a pas de fin.

 

Citations : Rachel Kushner, Nietzsche, 2Pac, Hawad (poète touareg), Bob Dylan.
Texte : Manu
Photos : Malka et Manu

Passage en Hongrie

Le premier mot hongrois que l’on apprend est « eladó », « à vendre », dans la campagne que nous traversons, des deux côtés de la route et sur une bonne moitié des maisons, ce mot s’affiche sur des pancartes quand il n’est pas directement écrit à même la brique ou le parpaing.

Sur la route_champs

Nous traversons des champs interminables, des petits villages flingués au nom plein de g et de y, avec des trémas sur les o et des accents sur les a. Notre camion passe des baraques hors d’âge, de constructions douteuses, sur l’une d’elles, des sortes de décalcomanies de personnages Disney. C’est absurde mais ça me rappelle cette partie des États-Unis que nous avons traversé il y a trois ans en bus Greyhound, et cette ville, Santa Maria, entre San Francisco et L.A. où nous avons passé la nuit. Là-bas les mômes, tous des petits d’origine mexicaine, avaient carrément stoppé leur entraînement de baseball pour venir nous voir aux grilles du parc, trop étonnés de voir des blancs-becs avec de gros sacs sur le dos débarquer ici. Pas de baseball à Daruszentmiklós, on y croisera pas le moindre enfant non plus, mais j’éprouve cette même sensation d’être dans un grand nulle part au bout du monde, comme si nous étions les seuls étrangers à être passés par ici. Le camtar cahote sur la route cabossée, presque toutes les maisons sont eladó.

Sur la route_panneau

Après nous être perdus sur des chemins de terre, plongeant dans une forêt d’arbres de contes fantastiques, nous revenons sur nos pas et trouvons enfin le camping gratuit où Sara a passé une nuit il y a de ça plusieurs années. Le terrain borde le Danube où une famille pêche sans grande conviction, il n’y a personne à part eux, il faut dire qu’on est début Avril. Après être passés par les sanitaires, on va au bar du camping – un barnum et une cahute – où on commande des bières hongroises pour 350 forints la pinte soit à peine plus d’un euro. À ce prix là, on s’en remettra une tournée avant d’aller taper dans celles qui nous attendent à l’arrière du camion. La soirée se passe pénard, on plante les tentes et le soleil décline lentement, c’est la deuxième fois que nous passons la nuit au bord du Danube après celle d’hier à Oberloiben, Autriche, et demain nous serons en Serbie.

Hongrie_drapeauHongrie_réceptionCamping

Le lendemain, je suis réveillé à l’aube par le concert de dizaines d’oiseaux déchaînés, un gros bordel ! Je vais pisser dans le brouillard matinal puis retourne dans la tente où je finis par me rendormir dans une sorte de demi-sommeil peuplé de rêves étranges, dans l’un d’eux le Danube est en fait le Mississippi, et il a visiblement toujours été là, en Hongrie. Une fois debout, Malka et moi allons longer le Danube/Mississippi en attendant que le reste de la clique se manifeste. Cela ne fait que quelques dizaines de mètres qu’on marche quand on se retrouve les pieds dans une boue pleine d’enjoliveurs, de bidons d’essence, de rétros, de pneus – rien que des choses essentielles à la navigation – et on s’aperçoit que ce coin est finalement moins bucolique qu’il en a l’air. Au milieu de tout ça, une énorme chaussure marquée d’un « REFUGEES ».

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Nous levons le camp en toute fin de matinée, grâce à quelques panneaux j’arrive à capter que nous avons passé la nuit à Harta. Sükösd, Nagybaracska ou encore Hercegszántó suivront avant notre arrivée au poste-frontière de la Serbie où, après un rapide tamponnage de passeports, nous quittons l’espace Schengen.

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Broken World

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Hôtel à l’abandon dans le quartier de Strahov, à Prague.

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Ulziit, Mongolie. Petit village avec des yourtes, quelques immeubles, un temple détruit, un terrain de basket et une épicerie. Des airs de Far West.

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Au détour d’une rue…

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Passage express par Sofia, Bulgarie.

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Sur les routes de Serbie.

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Le parc d’attraction d’Erdenet, une des nombreuses curiosités de la Mongolie!

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Tout simplement.

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North Beach Hotel, San Francisco.

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Notre dernière « auberge de jeunesse » à Prague, on avait la cellule 111.

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L’hôtel « Sans Rival », malheureusement écrasé par la concurrence…

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Athènes, la première grosse claque de notre voyage.

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Varsovie, après une soirée dans un obscur bar à l’autre bout de la ville.

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Planqué sous l’arrêt de bus et trempé jusqu’aux os, j’ai bien cru voir le Fantôme de la Susquehanna, ici à Cracovie…

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Chien des sables et panier de basket dans le désert. Voir https://zuunzug.wordpress.com/2017/11/08/steppe-by-steppe-jour-3/

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Motel Blues.

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Vestiges d’une école. Ladi, Grèce.

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Vestiges d’une école, bis.

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Située au cinquième étage d’un immeuble aux autres niveaux condamnés, l’Athens House est une expérience unique en son genre, un grand moment!

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ESCAPE.

Texte : Manu
Photos : Malka et Manu

Insomnia

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L’insomnie me guide dans ses labyrinthes / Des routes qui se chevauchent à l’échangeur / Nous allons, non-stop, sur ces speedways qui nous éreintent / Dans ces nuits pleines de néons tapageurs / Sur le bord de la route, on les voit arriver / Ces dizaines de souvenirs qui nous regardent passer / Nous écoutent penser, quand nous les épions / La fatigue, le temps, la nuit, les déformeront / Flots d’informations, flux dans les influx nerveux / Tu ne peux les arrêter même si ils sont superflus / C’est le moment où fusionnent les hémisphères / Et où toi tu vois tout car tu patientes à la frontière / Nous marchons sur leurs terres, la raison s’égare / Et tous ceux qu’on connaît nous abandonnent à nos sorts / C’est un saut sans filet dans un trou noir / C’est l’immensité du désert qui nous endort

C’est le désordre de la nuit, le monde s’écroule / Apocalypse cool, sommeil réparateur / C’est là où on vient crécher lorsque tout nous saoule / Même si ça n’empêche pas de se réveiller en sueur / Le système est complexe, intérieur / Mon horloge interne a déréglé mon corps / Extérieur nuit, une grande ville, un acteur / Un réseau de fils électriques complexes pour décor / Est-ce que t’es encore là quand l’aube arrive / Que c’est le jour qui se love entre tes draps / Moi c’est souvent là que pour de bon je dérive / Alors dis-moi, qu’est-ce qui me retenait avant ça? / Une question en suspend, qui ira quadriller / Le ciel du système veineux de mon cerveau / Me retiendra quelques heures avant d’aller vriller / Naviguer sans réflexion sur le fleuve du repos

 
Visuel : Malka
Texte & musique : Manu

It’s Alright, Ma (I’m Only Bleeding)

Bob Dylan England Tour, May 1965

(Traduction du texte en français : https://www.bobdylan-fr.com/trad/itsallrightma.html)

Darkness at the break of noon
Shadows even the silver spoon
The handmade blade, the child’s balloon
Eclipses both the sun and moon
To understand you know too soon
There is no sense in trying

Pointed threats, they bluff with scorn
Suicide remarks are torn
From the fool’s gold mouthpiece
The hollow horn plays wasted words
Proves to warn that he not busy being born
Is busy dying

Temptation’s page flies out the door
You follow, find yourself at war
Watch waterfalls of pity roar
You feel to moan but unlike before
You discover that you’d just be
One more person crying

So don’t fear if you hear
A foreign sound to your ear
It’s alright, Ma, I’m only sighing

As some warn victory, some downfall
Private reasons great or small
Can be seen in the eyes of those that call
To make all that should be killed to crawl
While others say don’t hate nothing at all
Except hatred

Disillusioned words like bullets bark
As human gods aim for their mark
Made everything from toy guns that spark
To flesh-colored Christs that glow in the dark
It’s easy to see without looking too far
That not much is really sacred

While preachers preach of evil fates
Teachers teach that knowledge waits
Can lead to hundred-dollar plates
Goodness hides behind its gates
But even the president of the United States
Sometimes must have to stand naked

An’ though the rules of the road have been lodged
It’s only people’s games that you got to dodge
And it’s alright, Ma, I can make it

Advertising signs that con you
Into thinking you’re the one
That can do what’s never been done
That can win what’s never been won
Meantime life outside goes on
All around you

You lose yourself, you reappear
You suddenly find you got nothing to fear
Alone you stand with nobody near
When a trembling distant voice, unclear
Startles your sleeping ears to hear
That somebody thinks they really found you

A question in your nerves is lit
Yet you know there is no answer fit to satisfy
Insure you not to quit
To keep it in your mind and not fergit
That it is not he or she or them or it
That you belong to

Although the masters make the rules
For the wise men and the fools
I got nothing, Ma, to live up to

For them that must obey authority
That they do not respect in any degree
Who despise their jobs, their destinies
Speak jealously of them that are free
Do what they do just to be nothing more than something they invest in

While some on principles baptized
To strict party platform ties
Social clubs in drag disguise
Outsiders they can freely criticize
Tell nothing except who to idolize
And then say God bless him

While one who sings with his tongue on fire
Gargles in the rat race choir
Bent out of shape from society’s pliers
Cares not to come up any higher
But rather get you down in the hole that he’s in

But I mean no harm nor put fault
On anyone that lives in a vault
But it’s alright, Ma, if I can’t please him

Old lady judges watch people in pairs
Limited in sex, they dare
To push fake morals, insult and stare
While money doesn’t talk, it swears
Obscenity, who really cares
Propaganda, all is phony

While them that defend what they cannot see
With a killer’s pride, security
It blows the minds most bitterly
For them that think death’s honesty
Won’t fall upon them naturally
Life sometimes must get lonely

My eyes collide head-on with stuffed graveyards
False gods, I scuff
At pettiness which plays so rough
Walk upside-down inside handcuffs
Kick my legs to crash it off
Say okay, I have had enough
What else can you show me 

And if my thought-dreams could be seen
They’d probably put my head in a guillotine
But it’s alright, Ma, it’s life, and life only

Il n’y a pas de fin – Part. 1

Jack Kerouac Alley

« Il reste toujours quelque chose de plus, un peu plus loin à aller – il n’y a pas de fin. »

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« Kim fait un trou dans le ciel. L’obscurité s’en déverse pour enténébrer toute la terre. Sous les derniers rayons d’un soleil peint, un type réglo soulève le barbelé d’une clôture pour permettre à d’autres de s’échapper. La clôture a déchiré l’horizon… d’une grande déchirure noire. La foule en furie pointe les cieux déchirés. »

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10 Août 2014, retour à San Francisco. C’est dans ce bus que j’ai perdu mon couteau-suisse…

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Un autre bus, quelque part en Europe de l’Est, approximativement Juillet 2017.

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« Quelle est ta route, mon pote? C’est la route du saint, la route du fou, la route d’arc en ciel, la route idiote, n’importe quelle route. C’est une route de n’importe où pour n’importe qui n’importe comment. »

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Tsetserleg.

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Far Est…

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« Tout le mal de par le monde n’était donc pas mauvais en soi, mais inévitable et bénéfique ; il faisait partie de cette lutte éternelle pour contenir le désert. »

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Warszawa, WARSAW, Varsovie. XXIe siècle.

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Vallée d’Ulziit, Arkhangaï, Mongolie. Mai 2017.

in da car

Vers la montagne sacrée Khögnö Khan…

Newport Av. San Diego

Newport Avenue, San Diego.

shadowsteppes

Marche dans les steppes, d’une yourte à l’autre. Soleil, vent, poussière…

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Sur les hauteurs de Kharkhorin, ancienne capitale de l’Empire Mongol sous Gengis Khan.

LA Beach

C’est à L.A. que tu te rends compte que tout ce à quoi t’as fait croire le cinéma hollywoodien est vrai. Ou devenu vrai.

Tövkhön

Vue du monastère de Tövkhön, Mongolie centrale.

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Ladi, petit village dans l’Est de la Grèce. Vue d’une école abandonnée.

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BLIND.

Citations : Jack Kerouac, William S. Burroughs, Neal Cassady/Jack Kerouac, John Fante.
Texte : Manu
Photos : Malka et Manu